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Pakistan: TSF a soutenu des milliers de personnes affectées par les inondations

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Début de mission: 9 août 2010
Fin de mission: 28 septembre 2010

Au Pakistan depuis le 9 août, TSF a apporté son soutien télécom et technique aux équipes UNDAC (Evaluation et Coordination des Désastres des Nations Unies) dans la province du Punjab et à OCHA (Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies) à Islamabad, dans le but de renforcer la coordination de l'aide d'urgence et les évaluations initiales. Le Cluster en Télécommunications d'Urgence et les autres partenaires d'OCHA (IHP - Partenaires Humanitaires Internationaux) ont pu ensuite prendre le relais.

Les opérations de téléphonie humanitaire ont pris fin au Pakistan. Elles ont été menées avec des partenaires sur le terrain, les ONG pakistanaises Youth Resources Center (YRC) et Hope and Transformation for Poverty (HTP).

Des équipes mobiles, constituées chacune d'un homme et d'une femme, ont offert les services de TSF dans différents districts des Provinces de KPK (Khyber Pakhtunkhwa) et du Sindh au sud du pays. Elles furent équipées de GSM et de téléphones satellites.

Dans ce contexte difficile, nous cherchons à trouver les solutions les plus adaptées aux besoins des populations et à la situation sur le terrain.
- Les équipes ont mis en place des centres de téléphonie, installant les équipements télécoms et des bannières pour informer la population du service d'appels prioritaires mis à disposition.
- Elles sont également allées à la rencontre des familles affectées, se déplaçant de tente en tente et proposant les services dans les salles de classes. En particulier, les femmes avec lesquelles nous avons travaillé ont adopté cette manière de procéder car elle permet d'aider le plus grand nombre de femmes affectées. Très peu de femmes osent en effet se présenter aux centres de téléphonie mis en place.

Au total, pour ces deux Provinces, du 20 août au 28 septembre, nous avons offert des appels à 13480 familles affectées. En considérant une moyenne de 7 membres par famille, cela signifie que plus de 94000 personnes ont été re-connectées à travers le monde, grâce à un simple appel téléphonique, souvent synonyme d'espoir pour ces populations qui ont tout perdu.
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Opérations de téléphonie humanitaire dans la province de KPK, en collaboration avec l'ONG partenaire YRC (20 Août - 28 Septembre)
 
8 équipes mobiles se sont rendues dans plus de 170 sites (écoles, camps temporaires) des districts de Charsadda, Nowshera, Peshawar et Swat, où les familles ont trouvé refuge.

Elles ont permis à 7362 familles affectées de contacter leurs proches au Pakistan et à travers le monde (17% d'appels internationaux, vers l'Europe, le Moyen-Orient, l'Afghanistan, les Etats-Unis...). 49% des appels ont été passés par des femmes.

Opérations de téléphonie humanitaire dans la province du Sindh, en collaboration avec l'ONG partenaire HTP (2 - 11 Septembre)

Un spécialiste de TSF est arrivé à Karachi le 1er septembre, depuis la base régionale de Bangkok, pour coordonner l'action avec l'ONG pakistanaise HTP et commencer les opérations le plus rapidement possible.

Les opérations de téléphonie ont débuté le 2 septembre, au camp de Samzi Mandi, où 35000 personnes sont réfugiées.

TSF-Calling-operations-Sindh-Province BannerDu 2 au 11 septembre, 5 équipes se sont rendues dans plus de 30 camps de fortune des districts de Hyderabad et Jamshoro. Elles ont travaillé dans des camps très importants, où des dizaines de milliers de personnes sont réfugiées. Les équipes ont offert des appels à plus de 6100 familles affectées. Plus de 600 communications furent établies chaque jour.

Seulement 2% furent des appels internationaux. En effet, les familles affectées de la Province du Sindh sont des déplacées du Balochistan très pauvres et qui n'ont que très peu de famille à l'étranger. Elles souhaitent joindre des proches dans le pays.

 

 

 


 

Il est important pour TSF de prendre le temps de recueillir les paroles des victimes pour témoigner, dire ce qui se passe, là-bas. Chacun des appels est chargé en émotion et nous aimerions pouvoir tous les publier, être la voix qui transmet les messages de ceux que nous rencontrons. Lorsqu'une victime parvient à joindre ses proches, c'est un visage qui s'illumine, et la certitude qu'elle se sentira moins isolée du reste du monde. L'espoir passe par les communications.

 

 

PAROLES D'UNE ENFANT DU CAMP AZAKHEL

Sur 8 équipes, l’une était déployée au camp Azakhel. Les membres féminins des équipes devaient proposer les services de téléphonie aux femmes affectées devant chacune des tentes de personnes déplacées.

Une enfant handicapée physique se trouvait dans l’une des tentes. Quand elle apprit qu’elle avait la possibilité de passer un appel gratuit, elle se mit à pleurer et raconta son histoire : lors des inondations, elle fut séparée de ses parents. Elle fut déplacée sans savoir ce qu’étaient devenus ses parents.

 

Elle nous donna alors le numéro de portable de son père. Heureusement, elle parvint à le joindre au téléphone et à lui parler. L’expression de son visage passa de la tristesse à la joie et son père lui promit de venir vite la chercher au camp Azakhel pour la ramener à sa mère.

PAROLES D'UN VIEIL HOMME AU COLLEGE TECHNIQUE DE NOWSHERA

Au collège Technique, District de Nowshera, beaucoup de personnes voulaient parler à leurs proches de la situation terrible qu’ils étaient en train d’endurer. Nous leur fîmes part des services de téléphonie que nous mettions en place.

Un très vieil homme, très faible, ne pouvant s’exprimer clairement, vint à nous et nous raconta qu’il était seul. Il n’avait pas d’argent, il n’en avait jamais eu et son téléphone portable avait été endommagé par l’eau.

 

Son fils se trouvait à Dubaï. Le vieil homme attrapa un petit morceau de papier de sa poche et montra le numéro de téléphone de son fils. Il se mit à pleurer et demanda de joindre son fils le plus vite possible. La connexion fut établie. Tandis qu’il lui parlait, le visage du vieil homme s’illuminait. Il dit à son fils à quel endroit il se trouvait.

Son fils lui demanda d’être patient. Il viendrait le chercher rapidement.

PAROLE DE ZAREEN GULA, ISOLEE DE TOUT

A l’école publique de Ceena, District de Nowshera. Une femme désespérée y était réfugiée. Elle s’appelait Zareen Gula. Nos équipes reportent qu’elle était illettrée et ne savait même pas passer un appel téléphonique.

 

Son mari se trouvait en Afghanistan et elle n’avait aucune nouvelle de lui depuis 3 ans. Il y avait un numéro écrit sur le mur et elle demanda qu’on composât ces chiffres.

 

Le contact avec son mari fut établi après plusieurs tentatives. Des larmes coulaient sur les joues de Zareen Gula en même temps qu’elle racontait à son mari sa tristesse et sa souffrance. Après cet appel, après avoir entendu la voix rassurante de son époux, elle se sentit soulagée et heureuse.

PAROLES D'UN HOMME REFUGIE DANS UN CAMP DE PESHAWAR

 

M. Farid, résidait dans le District de Charsadda. Il est réfugié aujourd’hui à GGHS Yakatoot Jehangir Pura, Peshawar. Il venait d’un petit village de Charsadda.

 

Il avait 10 enfants : 6 fils et 4 filles. Dans la catastrophe, 3 d’entres eux ont perdu la vie. Selon son témoignage, les inondations ont ruiné sa vie. Il a tout perdu : ses enfants, la maison qu’il avait construite pour sa famille, les rêves qu’il avait pour ses enfants. Après le désastre, les problèmes se sont enchaînés pour lui, sa femme et leurs 7 enfants. Il passa beaucoup de temps à leur trouver un abri.

Grâce aux équipes de TSF/YRC, M. Farid put contacter les membres de sa famille à Lahore. Il se sentit soulagé parce que ceux-ci promirent de lui envoyer de l’argent.

PAROLES D'UNE FEMME RESTEE SANS NOUVELLES DE SON MARI


Ajmeena, originaire du District de Charsadda, réside désormais à GGHS Yakatoot, Jehangeer Pura, Peshawar.

Elle a tout perdu dans les inondations. Sans nouvelles de son mari, elle ne pouvait même pas nous dire s’il était vivant ou mort. En effet, elle parvient à quitter la maison avant que celle-ci ne soit emportée par les flots avec ses 3 enfants, mais sans son époux. Désespérée, à bout de forces, elle voulut informer ses parents de la situation tragique, mais pour cela, il lui aurait fallu qu’elle ait de l’argent, et elle n’en avait pas.

Finalement, grâce au service d’appels prioritaires mis en place par TSF et son partenaire sur le terrain YRC, elle put appeler ses parents et tout leur raconter. Ils la rassurèrent et lui dirent qu’ils chercheraient son mari.

PAROLES D'UNE MERE

 

Haleema Bibi, réfugiée aujourd'hui à GPS No. 2 Tarkha, Nowshera, vivait avant la catastrophe à Tarkha Banda, Nowshera.

 

Quand nous l’avons rencontrée, le désespoir l'avait envahie car la main de son fils était cassée et elle n’avait pas d’argent pour appeler son frère afin qu’il l’emmène à l’hôpital.

 

Elle put finalement joindre son frère grâce aux services mis en place par TSF et lui dit qu’elle avait besoin de son aide en urgence. 15 minutes plus tard, il était là et conduisit son neveu à l’hôpital.


PAROLES DE FIDA MUHAMMAD


A Charsadda, Fida Muhammad, handicapé et âgé de 62 ans, a tout perdu dans les inondations, comme des millions d’autres. Lui et sa famille se sont réfugiés dans l’école gouvernementale de Charsadda à Khat Kale GMS.

Son fils aîné, Bashir, travaille à Dubaï. Beaucoup de pakistanais ont de la famille travaillant à l’étranger, en particulier en Europe et au Moyen-Orient. Ces familles sont des sources importantes de revenus. Bashir essaya de joindre ses parents au téléphone dès qu’il prit connaissance des terribles nouvelles et de la souffrance au Pakistan, mais n’y parvint pas car ces derniers avaient tout perdu, leurs téléphones portables également.

Quand ses parents l’appelèrent avec un téléphone de TSF/YRC, Bashir fut triste d’entendre que la maison et tout ce qui était à l’intérieur avaient disparus, mais fut soulagé d’entendre que ceux qu’il aimait étaient sains et saufs. Il promit de leur envoyer de l’argent afin qu’ils puissent acheter de la nourriture et leur dit qu’il viendrait le plus vite possible.

 

Plus d’un mois après le désastre, un premier appel est passé

Melle Afsari habitait à Khazana, près du district de Charsadda. Elle a aujourd’hui trouvé refuge dans le camp de Khaiali, district de Charsadda, avec 7 membres de sa famille. Quand l’eau a envahi sa maison, ils sont vite montés à l’étage pour garder la vie sauve. Ils ont ensuite passé trios jours sur le toit de la maison sans eau ni nourriture.

Afsari a tout perdu. Ils avaient un seul telephone portable pour toute la famille et ils l’ont perdu parmi tout le reste. Ils n’ont pu joindre leurs proches depuis le désastre.

Les conditions d’existence dans le camp de Khaiali sont très difficiles. La zone n’a reçu aucune aide depuis la catastrophe, sauf celle de TSF/YRC, précise Melle Afsari. Grâce au service d’appels prioritaires mis en place, toute la famille a pu joindre les proches au téléphone et demander une aide personnalisée.

Melle Afsari a remercié TSF/YRC à Radio FM. « Je ne peux exprimer ce que je ressens dit-elle. Ma famille est si heureuse aujourd’hui, grâce à l’appel que nous avons eu la chance de passer. Nous n’avions appelé personne depuis les terribles inondations. »


Un père parle à son fils vivant à l’étranger

Sarder Ali est un vieil home handicapé. Il vivait avant le désastre à Kot Baba Thangi, district de Charsadda.

Le service lui a permis d’appeler son fils Zahid Ali qui vit à Dubaï.

Le vieil home a alerté son fils sur la situation, ses conditions de vie et ses besoins. Il lui a dit qu’il était heureux et soulagé de l’avoir eu au téléphone. Tout la famille de Sarder Ali s’est placée autour du téléphone et a pu parler avec Zahid Ali. Nous avons vu le désespoir et l’anxiété faire place au soulagement.

 


Il contacta sa soeur pour partager une mauvaise nouvelle

M. Zaryab khan vivait à Mera Kachori, district de Peshawar. Il a six enfants et vient d’une famille très pauvre. Lui seul soutient la famille financièrement, grâce à son métier de maçon. Son fils aîné a 10 ans. Les inondations ont détruit toute son existence. Sa mère est morte. Sa maison, qu’il avait construite de ses mains, n’existe plus.

L’histoire de cet homme est chargée d’émotion. Pendant la catastrophe, il focalisait toute son attention sur sa mère, une femme malade. Il ne lâchait pas sa main. Soudain, la main de sa mère a glissé et elle a été emportée par les eaux. La pression de l’eau était si forte.

Quand il rencontra l’équipe TSF/YRC, il était encore en état de choc de ne pas avoir pu sauver sa mère. Les membres de l’équipe tentèrent alors de lui apporter un soutien moral. A travers le service de téléphonie humanitaire, ils le mirent en relation avec sa sœur en Afghanistan. Alors Zaryab a pu partager sa douleur avec sa sœur.


Un père contacte son fils après des jours d’inquiétude et de souffrance

Bacha Gul vivait dans le district de Charsadda. Il a aujourd’hui trouvé refuge dans le camp de Shara, Awan Abad. Bacha Gul nous raconta son histoire. Quand l’eau s’est mise à monter, ils pleurèrent et appelèrent à l’aide. Heureusement, un bateau vint à eux et les récupéra. Ils parcoururent non sans mal une distance de 2 kms. Le niveau de l’eau monta encore, et l’embarcation inondée coula. Tout le monde tomba à l’eau. Ils furent sauvés de justesse par des villageois qui leur lancèrent des pneus en caoutchouc.
 
Le fils de Bacha Gul, Habib Gul, travaille à Muscat. Il était impossible de le contacter avant, car tout avait été perdu, y compris l’argent et les téléphones mobiles.
 
Avec l’aide de l’équipe TSF/YRC, Bacha Gul et sa femme purent appeler leur fils. Sa mère pleurait tout en lui parlant. Les gens souffrent tellement lui dit-elle. Les conditions de vie sont si précaires, la plupart des survivants sont sous des tentes et n’ont ni eau ni nourriture. Les conditions sanitaires sont déplorables.
Cet appel leur a permis de connecter les membres de la famille et d’apporter la nouvelle que tout le monde était en vie.

 

A la fin de l'appel, un fils effectua un transfert d’argent au bénéfice de son père sinistré

M. Akbar a 79 ans. Il vivait dans le village de Khanpur, district de Shikarpur. Il est actuellement l’un des réfugiés de l’école gouvernementale de Mehran, district de Hyderabad, Province du Sindh.

Il vint au centre de téléphonie de TSF/HTP pour appeler son fils AllahBux en Arabie Saoudite. Il ne l’avait pas contacté depuis le désastre.

Son fils fut extrêmement surpris car quelques villageois lui avaient dit que son père était mort et que sa mère était toujours comptée parmi les personnes disparues.

M. Akbar n’avait pas d’argent pour appeler son fils. C’est pour cela qu’il se précipita au camp de TSF pour le joindre le plus rapidement possible. Un membre de l’équipe TSF/HTP prit ensuite le combiné et donna à AllahBux l’adresse où se trouvait son père ainsi que d’autres détails importants. Immédiatement, AllahBux envoya à son père 3000 Riyals saoudiens par un transfert de la Western Union.

L’argent permettra à Akbar de retourner dans son village et de commencer une autre vie avec sa femme et ses petits enfants.

L’appel de TSF lui a appris que son frère était vivant

L’équipe TSF/YRC de Nowshera s’est rendue aux camps de Zareen Kali. Ils y ont rencontré une famille afghane.

Il y avait une femme appelée Pashmina dont le frère était tombé très malade après les inondations. Il vivait dans une tente avec sa femme et sa sœur Pashmina. Au bout de quelques jours, son état s’est aggravé et sa femme dut l’emmener à Kaboul pour se faire soigner.

Pashmina apprit que son frère mourut à Kaboul. Désespérée, elle ne cessait de demander aux gens de la conduire là-bas L’équipe TSF/YRC vit cette femme et lui proposa d’appeler un parent pour avoir plus de nouvelles. Ils réussirent à joindre son cousin, qui put informer Pashmina. Son frère était en réalité vivant et guéri. Pashmina se sentit soulagée, heureuse et prit le temps de parler avec son cousin au téléphone.

 

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